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Côte d’Ivoire ( Retard du Transfert de la capitale à Yamoussoukro): 𝗟𝗘𝗦 𝗠𝗜𝗟𝗟𝗜𝗔𝗥𝗗𝗦 𝗗𝗔𝗡𝗦 𝗟𝗔 𝗕𝗥𝗢𝗨𝗦𝗦𝗘

Côte d’Ivoire ( Retard du Transfert de la capitale à Yamoussoukro): 𝗟𝗘𝗦 𝗠𝗜𝗟𝗟𝗜𝗔𝗥𝗗𝗦 𝗗𝗔𝗡𝗦 𝗟𝗔 𝗕𝗥𝗢𝗨𝗦𝗦𝗘

13 avril 2022 0 Par Jean Claude Deli

 

𝗟𝗮𝘂𝗿𝗲𝗻𝘁 𝗚𝗯𝗮𝗴𝗯𝗼 : « 𝙅𝙚 𝙨𝙪𝙞𝙨 𝙖𝙧𝙧𝙞𝙫𝙚́ 𝙖𝙪 𝙥𝙤𝙪𝙫𝙤𝙞𝙧 𝙚𝙣 𝟮𝟬𝟬𝟬, 𝙡𝙤𝙣𝙜𝙩𝙚𝙢𝙥𝙨 𝙖𝙥𝙧𝙚̀𝙨 𝙡’𝙖𝙙𝙤𝙥𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙙𝙚 𝙡𝙖 𝙇𝙤𝙞 𝙙𝙚 𝟭𝟵𝟴𝟯 . 𝙅’𝙖𝙞 𝙚𝙭𝙖𝙢𝙞𝙣𝙚́ 𝘼𝙗𝙞𝙙𝙟𝙖𝙣 𝙚𝙩 𝙔𝙖𝙢𝙤𝙪𝙨𝙨𝙤𝙪𝙠𝙧𝙤 𝙚𝙩 𝙟’𝙖𝙞 𝙩𝙧𝙤𝙪𝙫𝙚́ 𝙦𝙪𝙚 𝙘’𝙚́𝙩𝙖𝙞𝙩 𝙪𝙩𝙞𝙡𝙚 𝙦𝙪’𝙤𝙣 𝙙𝙚́𝙥𝙡𝙖𝙘𝙚 𝙡𝙖 𝘾𝙖𝙥𝙞𝙩𝙖𝙡𝙚 𝙖̀ 𝙔𝙖𝙢𝙤𝙪𝙨𝙨𝙤𝙪𝙠𝙧𝙤. »

Le projet de transfert de la capitale à Yamoussoukro est né de la volonté du Président Houphouët-Boigny et est institué par la Loi n°83-242 du 21 mars 1983.

A la suite de l’adoption de cette Loi, un large débat s’est instauré au sein de la classe politique, parmi les spécialistes de la planification et ceux de l’aménagement du territoire mais aussi les économistes de la Côte d’Ivoire. Au terme de ces discussions, le transfert de la capitale à Yamoussoukro s’est révélée la solution la plus appropriée, permettant à la fois de freiner la croissance de la ville d’Abidjan et un redéploiement mieux équilibré du développement national. Les populations se sont au fil des années appropriées également le projet.

Dans cette logique, le Président Henri Konan Bédié rend la Loi de 1983 applicable grâce au Décret n°97-177 du 19 mars 1997 qui permet la mise à disposition du périmètre foncier devant abriter les sièges des Institutions nationales dont notamment le Palais Présidentiel, l’Assemblée Nationale…

Par Décret n°2002-483 du 30 octobre 2002, le Président Laurent Gbagbo crée le Programme Spécial de Transfert de la Capitale à Yamoussoukro (PSTCY) pour coordonner l’ensemble des opérations liées à ce transfert, qui est un moyen de décentralisation du pouvoir.

𝗟𝗮𝘂𝗿𝗲𝗻𝘁 𝗚𝗯𝗮𝗴𝗯𝗼 : « 𝙅’𝙖𝙞 𝙛𝙖𝙞𝙩 𝙘𝙤𝙣𝙨𝙩𝙧𝙪𝙞𝙧𝙚 𝙡’𝘼𝙨𝙨𝙚𝙢𝙗𝙡𝙚́𝙚 𝙉𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣𝙖𝙡𝙚, 𝙡’𝙝𝙤̂𝙩𝙚𝙡 𝙙𝙚𝙨 𝘿𝙚́𝙥𝙪𝙩𝙚́𝙨, 𝙡𝙚 𝙋𝙖𝙡𝙖𝙞𝙨 𝙋𝙧𝙚́𝙨𝙞𝙙𝙚𝙣𝙩𝙞𝙚𝙡. 𝙅’𝙖𝙞 𝙖𝙪𝙨𝙨𝙞 𝙖𝙘𝙝𝙚𝙫𝙚́ 𝙡’𝙖𝙪𝙩𝙤𝙧𝙤𝙪𝙩𝙚 𝙟𝙪𝙨𝙦𝙪’𝙖̀ 𝙔𝙖𝙢𝙤𝙪𝙨𝙨𝙤𝙪𝙠𝙧𝙤. »

Le transfert de la Capitale à Yamoussoukro, dont le but était de transférer l’Administration d’Abidjan à Yamoussoukro, était une des priorités du Président Laurent Gbagbo qui a fortement stimulé le projet malgré la crise politico-militaire en Côte d’Ivoire. Ce projet a été confié à Pierre Fakhoury (PFO), au BNETD, à la société AFECC et financé par l’Etat ivoirien et divers investisseurs (République populaire de Chine, Banque Islamique etc..).

1- 244 hectares étaient dégagés pour la zone administrative et politique (ZAP) et 15.000 logements étaient prévus à Yamoussoukro.

2- En 2004, les travaux de l’Hôtel Parlementaire ont démarré et se sont achevées 02 ans plus tard. Cet édifice est une gigantesque pyramide qui comporte 300 chambres et 10 suites. C’est le plus grand de toute l’Afrique réalisé avec 22 milliards de Francs CFA.

3- Depuis 2005, le Palais présidentiel était en chantier dans la même ville. Il devait être bâti et posé sur une vallée artificielle pour symboliser la Côte d’Ivoire dans ses parties nord et sud afin de tenir compte de son histoire récente. Le Palais qui devait prendre forme était un bâtiment de 200 mètres de long. Le sol a été renforcé pour résoudre la question de sa solidité. Un peu plus de 2300 micropieux ont été repartis sur l’ensemble de la vallée pour supporter le bâtiment. Ces 2300 micropieux ont été réalisés pendant près de 2 ans avec toutes les corrections nécessaires. Et sur ces micropieux qui constituent une sorte de semelle, un massif a été construit. Au total , 16 massifs ont été construits pour supporter les piles de pont qui s’aperçoivent sur les images. Le massif, on ne le voit pas, mais c’est près de 3.000 mètres cubes de béton, qui représentent à peu près 1.000 petites maisons, c’est-à-dire la construction de tout un quartier. A ces 3.000 mètres cubes de béton, 5.000 mètres cubes ont été ajoutés pour réaliser l’ensemble des massifs et des piles. C’est énorme ce qui a été englouti déjà pour voir ce que nous voyons aujourd’hui. Autour de ce Palais Présidentiel, devait être construit la résidence du Chef de l’Etat, des résidences hôtes et une grande salle des fêtes. Un jardin qui allait recevoir les fleurs des 5 continents allait être crée dans cette ZAP. Le Palais devait occuper une superficie de près de 144 hectares.

4- A quelques pas de là, il y a l’Assemblée nationale qui était également en chantier. Celle-ci pratiquement sortie du sol devait être bâtie sur 20 hectares . C’est un massif de 07 étages qui devait comprendre un sous-sol, un rez-de-jardin, un rez-de-chaussée et 04 niveaux pour recevoir l’ensemble des 500 bureaux prévus pour les Députés qui devaient être assistés de secrétaires. L’Assemblée nationale devait compter aussi de nombreuses salles de réunion, une rotonde, un hémicycle de 500 places chacun. .

5- La voie triomphale reliant l’Assemblée nationale du Palais présidentiel était aussi en chantier.

6- En 2009, les travaux de l’Hôpital international St Joseph Moscatti de la Cité aux caïmans avaient également commencé suite à la pose de la première pierre par le Président Laurent Gbagbo.

7- Les travaux sur l’autoroute du Nord Singrobo-Yamoussoukro , également engagés malgré la situation de guerre, étaient bientôt à terme et était déjà aux portes de Yamoussoukro.

𝗟𝗮𝘂𝗿𝗲𝗻𝘁 𝗚𝗯𝗮𝗴𝗯𝗼 : « 𝘿𝙚̀𝙨 𝙦𝙪𝙚 𝙟𝙚 𝙨𝙪𝙞𝙨 𝙥𝙖𝙧𝙩𝙞 𝙙𝙪 𝙥𝙤𝙪𝙫𝙤𝙞𝙧, 𝙤𝙣 𝙖 𝙡𝙖𝙞𝙨𝙨𝙚́ 𝙡𝙚𝙨 𝙩𝙧𝙖𝙫𝙖𝙪𝙭. 𝙇𝙚 𝙋𝙖𝙧𝙡𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩 𝙦𝙪𝙞 𝙙𝙚𝙫𝙖𝙞𝙩 𝙣𝙤𝙪𝙨 𝙚̂𝙩𝙧𝙚 𝙡𝙞𝙫𝙧𝙚́ 𝙚𝙣 𝟮𝟬𝟭𝟮 𝙚𝙨𝙩 𝙧𝙚𝙨𝙩𝙚́ 𝙘𝙤𝙢𝙢𝙚 𝙘̧𝙖 𝙙𝙖𝙣𝙨 𝙡𝙖 𝙗𝙧𝙤𝙪𝙨𝙨𝙚. 𝙇𝙚 𝙘𝙤𝙞𝙣 𝙚𝙨𝙩 𝙙𝙚𝙫𝙚𝙣𝙪 𝙪𝙣𝙚 𝙗𝙧𝙤𝙪𝙨𝙨𝙖𝙞𝙡𝙡𝙚. 𝘿𝙚𝙨 𝙢𝙞𝙡𝙡𝙞𝙖𝙧𝙙𝙨 𝙦𝙪𝙞 𝙨𝙤𝙣𝙩 𝙢𝙖𝙞𝙣𝙩𝙚𝙣𝙖𝙣𝙩 𝙙𝙖𝙣𝙨 𝙡𝙖 𝙗𝙧𝙤𝙪𝙨𝙨𝙚. »

En janvier 2012, le PSTCY est dissout par Décret n°2012-02 du 09 janvier 2012. L’information a été portée à la connaissance du personnel par le Directeur des Affaires Administratives et Financières (DAAF) de la structure. Les 35 agents en poste dans cette structure ont été mis au chômage. Une ordonnance signée du Président, lors du Conseil des ministres du 18 janvier, a confirmé la décision.

Depuis lors, on a assisté à des investissements massifs sur la ville d’Abidjan : travaux de voirie, échangeurs, ponts, extension sans fin, etc…délaissant la ville de Yamoussoukro dans une lente dégradation de ses infrastructures.

𝗟𝗮𝘂𝗿𝗲𝗻𝘁 𝗚𝗯𝗮𝗴𝗯𝗼 : « 𝙄𝙡 𝙛𝙖𝙪𝙩 𝙦𝙪’𝙤𝙣 𝙚́𝙩𝙖𝙗𝙡𝙞𝙨𝙚 𝙙𝙚́𝙟𝙖̀ 𝙪𝙣 𝙥𝙧𝙞𝙣𝙘𝙞𝙥𝙚 𝙘𝙡𝙖𝙞𝙧 : 𝘼𝙗𝙞𝙙𝙟𝙖𝙣 𝙣’𝙚𝙨𝙩 𝙥𝙖𝙨 𝙩𝙤𝙪𝙩𝙚 𝙡𝙖 𝘾𝙤̂𝙩𝙚 𝙙’𝙄𝙫𝙤𝙞𝙧𝙚. 𝙄𝙡 𝙚𝙨𝙩 𝙟𝙪𝙨𝙩𝙚 𝙙𝙚 𝙛𝙖𝙞𝙧𝙚 𝙙𝙚𝙨 𝙞𝙣𝙫𝙚𝙨𝙩𝙞𝙨𝙨𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩𝙨 𝙖̀ 𝘼𝙗𝙞𝙙𝙟𝙖𝙣, 𝙘𝙖𝙧 𝘼𝙗𝙞𝙙𝙟𝙖𝙣 𝙚𝙨𝙩 𝙖𝙪𝙨𝙨𝙞 𝙡𝙖 𝘾𝙤̂𝙩𝙚 𝙙’𝙄𝙫𝙤𝙞𝙧𝙚, 𝙢𝙖𝙞𝙨 𝙞𝙡 𝙛𝙖𝙪𝙩 𝙛𝙖𝙞𝙧𝙚 𝙙𝙚𝙨 𝙞𝙣𝙫𝙚𝙨𝙩𝙞𝙨𝙨𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩𝙨 𝙖𝙞𝙡𝙡𝙚𝙪𝙧𝙨, 𝙥𝙖𝙧𝙩𝙤𝙪𝙩 𝙖̀ 𝙡’𝙞𝙣𝙩𝙚́𝙧𝙞𝙚𝙪𝙧 𝙙𝙚 𝙡𝙖 𝘾𝙤̂𝙩𝙚 𝙙’𝙄𝙫𝙤𝙞𝙧𝙚 ».

Après le discours du Président Laurent Gbagbo, Président du PPA-CI, à Guiglo le 09 avril 2022, la Commission Communication et Organisation des Manifestations du PPA-CI s’est rendue dans la ville de Yamoussoukro afin de constater l’état désolant et dégradant des chantiers entamés par le Président Laurent Gbagbo dans le processus de transfert de la Capitale à Yamoussoukro.

𝗡𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗖𝗼𝗻𝘀𝘁𝗮𝘁 :

Sur les chantiers de l’Assemblée nationale et du Palais présidentiel que nous avons visité règne un calme olympien. Donnant tout l’air d’une cité fantôme. Un silence de cimetière qui contraste avec l’ambiance habituelle du temps où les ouvriers étaient à l’ouvrage.

De part et d’autre, les bâtisses inachevées sont envahies par la broussaille verdoyante, à l’image de ce site déclarée Zone Administrative et Politique (ZAP), le quartier d’affaires en construction de Yamoussoukro. Cette zone, naguère si bruyante avec les ballets incessants de machines et autres camions dans les différents chantiers, présente aujourd’hui l’image d’un village abandonné par ses habitants.

Après l’arrestation du Président Laurent Gbagbo le 11 avril 2011, c’est l’arrêt des différents chantiers. Seuls ne sont visibles, à des moments éloignés, que des vigiles dans ces chantiers jadis grouillant de monde. Les travaux bloqués, le doute et le désespoir gagnent les populations.

𝗟𝗮𝘂𝗿𝗲𝗻𝘁 𝗚𝗯𝗮𝗴𝗯𝗼 : « 𝘿𝙚𝙥𝙪𝙞𝙨 𝙦𝙪𝙚 𝙟𝙚 𝙨𝙪𝙞𝙨 𝙧𝙚𝙫𝙚𝙣𝙪 𝙡𝙚 𝟭𝟳 𝙟𝙪𝙞𝙣 𝟮𝟬𝟮𝟭, 𝙘’𝙚𝙨𝙩 𝙪𝙣 𝙖𝙪𝙩𝙧𝙚 𝙥𝙤𝙞𝙣𝙩 𝙙𝙚 𝙧𝙚𝙛𝙡𝙚𝙭𝙞𝙤𝙣. 𝙅𝙚 𝙘𝙤𝙣𝙨𝙩𝙖𝙩𝙚 𝙚𝙩 𝙘’𝙚𝙨𝙩 𝙙𝙤𝙢𝙢𝙖𝙜𝙚𝙖𝙗𝙡𝙚 𝙦𝙪’𝘼𝙗𝙞𝙙𝙟𝙖𝙣 𝙨𝙤𝙞𝙩 𝙙𝙚𝙫𝙚𝙣𝙪 𝙪𝙣𝙚 𝙫𝙞𝙡𝙡𝙚 𝙨𝙞 𝙚𝙩𝙤𝙪𝙛𝙛𝙚́𝙚 𝙚𝙩 𝙚́𝙩𝙤𝙪𝙛𝙛𝙖𝙣𝙩𝙚. 𝘾’𝙚𝙨𝙩 𝙩𝙧𝙤𝙥 𝙧𝙚𝙢𝙥𝙡𝙞 ! »

Populations de Yamoussoukro, Peuple de Côte d’Ivoire , il y a encore de l’espoir. Il faut désengorger Abidjan et développer les régions et villes de l’Intérieur.

𝗦𝗘𝗥𝗩𝗜𝗖𝗘 𝗖𝗢𝗠𝗠𝗨𝗡𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗣𝗣𝗔-𝗖𝗜