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Côte d’Ivoire ( Immobilier): Projet Blanchon de l’Agef à Bingerville, les acquéreurs non- remboursés et mécontents   proposent des solutions au ministre Niabagné Bruno.

Côte d’Ivoire ( Immobilier): Projet Blanchon de l’Agef à Bingerville, les acquéreurs non- remboursés et mécontents   proposent des solutions au ministre Niabagné Bruno.

29 juin 2023 0 Par Jean Claude Deli

La Facaci ( Fédération des Associations de Consommateurs Actifs de Côte d’Ivoire) a co-animé une conférence de presse avec le collectif des acquéreurs ”blanchon ”à son siège à Abidjan ( Plateau) le mardi 27 juin 2023 pour dénoncer une injustice dont  sont victimes des souscripteurs à un projet immobilier avec l’Agef ( Agence de gestion foncière).

C’est le 2ème vice président du collectif, Yaté Gogbé Jean qui va planter le décor. Pour  lui , ils sont maintenant à leur 4 e conférence de presse qui les opposent à l’Agef. Cette affaire concerne des terrains qu’ils ont acquis et viabilisés en 2015 pour certains et 2017 pour  d’autres.
Depuis cette date jusqu’aujourd’hui  , le projet a connu un grand retard. Car l’Agef n’a pas tenu ses promesses dixit M.Yaté Gogbé. Les souscripteurs à ce projet immobilier ne sont encore rentrés en possession de leurs biens.
De nombreuses tentatives individuelles auprès du ministère de la construction sont restées lettres mortes.

Ainsi, en novembre 2021, nous nous sommes constitués en collectif pour multiplier encore les courriers à toutes nos autorités. Face à notre menace de faire un sit-in, le ministre de tutelle nous a conviés à une rencontre en mi-juin 2022. Son conseiller technique qui l’a représenté à cette occasion ainsi que la directrice générale de l’AGEF avaient promis de tout mettre en œuvre pour que nous rentrions en possession de nos terrains fin décembre 2022″.

Ce délai passé, poursuit-il, « nous n’avons obtenu aucune réponse. Sur une autre de nos initiatives, le directeur de cabinet du ministre nous a reçus en compagnie de la directrice générale de l’AGEF.

C’est lors de ces échanges qu’il nous a expliqué que nos terrains de Bingerville étaient perdus parce que la banque aurait réalisé son hypothèque. Ce, en nous proposant un remboursement pur et simple ».

Selon lui, « opposés à cette solution, nous avons manifesté notre mécontentement dans l’immédiat réclamant nos terrains toujours présents sur un site situé non-loin de l’Hôpital mères-enfants de Bingerville.

Après cette rencontre au cours de laquelle nous nous sommes séparés en queue de poisson, c’est le commissaire de justice (huissier) qui nous a approchés en avril 2023 pour insister sur la même proposition ; alors qu’on espérait une sinon d’autres négociations avec la tutelle. Mais nous ne savons rien du remboursement dont il s’agit jusqu’à ce que le ministre de la Construction, de l’Urbanisme et du Logement, Nabagné Bruno Koné, s’exprime lui-même récemment de façon officielle sur le sujet 2 fois consécutives à ses sorties médiatiques (la dernière sur une chaîne de télévision en date du 15 juin 2023) ».

Et ce n’est pas tout. « A chaque fois, continue-t-il d’expliquer, dans ses différentes déclarations, il a rassuré l’opinion publique que les acquéreurs seront remboursés. En tout cas, même si nous ne sommes pas d’accord avec le contenu, nous nous réjouissons de la prise de parole du ministre sur cette question à laquelle il a fait sourde oreille pendant longtemps.

Pour ne pas spéculer sur le fond des propos du ministre que nous ne cernons toujours pas encore, nous avons convié la presse pour l’inviter tous ensemble à ouvrir lui-même des discussions afin de faire comprendre le fond de sa pensée et prendre des engagements pour la résolution de cette crise qui perdure. Parce que lorsqu’il parle de remboursement sans dire concrètement ce qu’il veut rembourser (combien; quand et comment il le fera?) », révèle-t-il.

En effet, selon les acquéreurs, « ce sont 178 lots s’étendant sur 10 hectares qui ont été achetés à 55 mille FCFA le mètre carré pour certains et 65 mille FCFA pour d’autres.

La majorité de ces acquisitions ayant été faite par prêts bancaires, qui doit supporter le taux d’intérêt de ces prêts bancaires? Si le ministre n’a pas de solution à cette préoccupation cruciale, nous nous constituons en force de proposition pour lui dire qu’il est plus simple de rembourser l’hypothèque que l’AGEF a contractée auprès de la banque que de restituer l’argent des 178 lots déjà viabilisés avec les intérêts à commencer de 2015″.

Propositions

Vu toutes les métamorphoses et les tournures que ce dossier a prises, l’AGEF, avec ses promesses et déclarations non honorées depuis tout ce temps, n’est plus un interlocuteur crédible car la crise de confiance s’est installée. Nous espérons que le ministre aura une oreille attentive à nos requêtes. Même son de musique pour le nouveau président de la FACACI, Hermann Doh, (élu récemment, c’est-à-dire le 4 mai 2023).

Dans ce cas de figure où sa faîtière doit veiller au respect des droits et des intérêts de ces souscripteurs ou consommateurs, il dit vouloir compter sur la disponibilité et la franchise du ministre Bruno Koné pour une résolution définitive de cette affaire.

« Nous avons foi en Monsieur le ministre Bruno Koné qui est déjà imprégné de la situation. Car nous savons qu’il va mettre tous les moyens dont il dispose pour soulager ces populations dont la FACACI défend les droits et intérêts dans la mesure où ceux-ci sont des consommateurs dans ce cas de figure », a dit le successeur d’Alain Tahi à ce poste.

Le 15 mai 2023, lors de son passage dans les locaux de l’AGEF sis à Cocody-Angré, pour une séance de travail, le ministre Bruno Koné avait fait savoir qu’il était confiant que cette institution étatique pouvait revenir à une situation positive pour assurer la mission d’ingénierie autour de l’acquisition des parcelles de terrains.

Visiblement, la réalité du moment ne cadre pas encore avec les propos du ministre.

Chose qui pousse de nombreux observateurs qui suivent ce contentieux de bout en bout à dire que l’AGEF est, « un démon que le régime en place a créé pour escroquer les populations qu’il a, en principe, le devoir de protection ».

Pour rappel, la structure étatique mise en cause ici a jadis été secouée par des suspicions de détournement de fonds.

Pour des faits d’escroquerie et de blanchiment d’argent, son ex-directeur général, Coulibaly Lamine, avait été placé sous mandat de dépôt, le 14 juin 2021, à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA) avant d’être remplacé par l’actuelle directrice générale, Meléi Anipko qui continue de gérer l’intérim de la structure.

DLJ