STATS: 206 vues
Chronique  /Daniel Ninsemon – Militant Cadre du PDCI-RDA.   La paix n’est pas un vain mot mais les mots qui divisent , détruisent la paix

Chronique  /Daniel Ninsemon – Militant Cadre du PDCI-RDA.  La paix n’est pas un vain mot mais les mots qui divisent , détruisent la paix

28 octobre 2025 0 Par Jean Claude Deli

La Paix en Côte d’Ivoire est une conquête fragile. Elle s’est bâtie sur les ruines de la méfiance et les blessures des crises passées. C’est pourquoi elle exige une vigilance de chaque instant car, ce ne sont pas seulement les armes qui détruisent un pays : ce sont aussi les mots.

I • LES MOTS PEUVENT TUER AVANT LES ARMES.

Avant chaque drame, il y a eu des mots.
Au Rwanda, en 1994, le mot « cafards » avait précédé le génocide. Ce mot, apparemment anodin, a ouvert la voie à l’irréparable.
L’histoire de ce pays frère devrait rester gravée dans nos mémoires : la haine commence toujours dans la bouche avant de couler dans le sang.

En Côte d’Ivoire, nous savons trop bien ce que les mots peuvent provoquer.
Nous avons vécu les discours incendiaires, les appels à la peur, les slogans qui dressaient les uns contre les autres.
Et nous avons payé le prix fort.

C’est pourquoi il faut tirer la sonnette d’alarme lorsque le débat public s’empoisonne de nouveau.
Traiter des citoyens de « chiens » ou de « moutons » n’est pas un simple dérapage verbal : c’est un poison pour la République.
Ces mots fracturent la nation et sapent le patient travail de réconciliation entrepris depuis plus d’une décennie. Ces mots détruisent les fondements mêmes de notre unité nationale.

II • LA DÉSHUMANISATION EST TOUJOURS LE PRÉLUDE DU PIRE.

L’écrivain Ahmadou Kourouma l’avait dit dans son œuvre “En attendant le vote des bêtes sauvages” :

« On déshumanise l’humain pour ensuite le massacrer comme l’animal qu’on pense qu’il est. »

Ces lignes résonnent étrangement aujourd’hui. Car la déshumanisation n’est jamais une erreur de langage, c’est un choix. Et c’est toujours le prélude au pire. C’est pour cette raison, que nous devons tous refuser ce genre de langage politique, qui entraîne le pays dans la haine et la catastrophe.

III• INCARNER L’UNITÉ NATIONALE, C’EST RASSEMBLER.

Notre Constitution, adoptée en 2016, nous engage clairement :

En préambule :
« Persuadé que la tolérance politique, ethnique, religieuse ainsi que le pardon et le dialogue des cultures constituent des éléments fondamentaux du pluralisme concourant à la consolidation de notre unité, au renforcement du processus de réconciliation nationale et à la cohésion sociale… »

Et l’article 54 le rappelle :
« Le Président de la République est le Chef de l’État. Il incarne l’unité nationale. »

Incarner l’Unité Nationale, ce n’est pas seulement gouverner, c’est d’abord Rassembler le peuple.
C’est comprendre que chaque mot prononcé par un leader politique a une portée, un écho, une conséquence.
Dans un pays marqué par les fractures identitaires et les blessures du passé, le langage qui divise n’a pas sa place.

Restons vigilants, refusons la déshumanisation.
Ne laissons jamais la haine s’installer dans nos discours car elle commence toujours par les mots, puis elle finit par les vies.

IV• LA PAIX, CE SONT LES MOTS ET LES ACTES.

La Paix ne se décrète pas. Elle se construit par le Respect, la Décence du verbe et la Reconnaissance mutuelle.
Les mots d’aujourd’hui façonnent le climat de demain.
Et si l’on veut préserver l’harmonie de notre Nation, il faut commencer par protéger notre langage collectif.

La Côte d’Ivoire a déjà connu la division, la violence, les fractures sociales et les dérives verbales qui les précèdent. Elle a aussi su se relever.
C’est à cette sagesse que nous devons revenir : celle du Respect, du Dialogue et de la Responsabilité.

Ensemble, faisons barrage au langage de l’exclusion et de la division.

La Paix n’est pas un vain mot.
Mais les mots qui divisent, eux, détruisent la Paix.

SDN

®️ SERCOM RESEAU FIDELIS PDCI-RDA | CHRONIQUE N° 006 DU 27/10/2025.